Comment rédiger une dissertation ?

  

. Analyser les termes du sujet

 

C’est l’indispensable première étape, la possibilité pour vous de «faire parler» le sujet. Si le sujet n’est pas vu, cela se verra. Pour ne pas passer à côté, l’analyse des termes est indispensable. Tout sujet de dissertation se présente sous la forme d’une question, souvent brève, dans laquelle au moins une des notions du programme est présente directement ou indirectement. Mais ce ne sont pas ces notions seules qu’il faut voir. Tous les termes, même les plus évidents, même les plus banals, doivent être étudiés. Il s’agit de voir quels sont leurs différents sens, dans quels domaines ils s’appliquent, et s’ils sont tous sollicités dans le sujet.

 

Dans la question : «peut-on tout dire ?», tous les sens du verbe «pouvoir» sont à examiner.

«Le langage trahit-il la pensée ?», il y a deux aspects presque opposés : la pensée de quelqu’un peut être trahie, dans une déformation par exemple, mais aussi….. peut être révélée.

 

En plus des outils que nous avons abordés dans les conseils pour aborder la philosophie, n’hésitez pas à chercher les contraires et les termes voisins, ou des expressions courantes dans lesquelles les mots figurent. Par exemple, les termes «erreur» et «illusion» ont le même contraire «vérité» mais ils n’ont pas pour autant le même sens. L’expression «se faire des illusions» insiste sur le rôle du désir, de l’espoir, voire de l’entêtement, de la passion ce qui ne suppose pas forcément une erreur mais un aveuglement.

 

Dans cette première étape, ne vous censurez pas, notez tout ce qui vous vient à l’esprit par rapport au sujet, notez aussi tous les termes voisins et les expressions, les situations de la vie auxquels vous les associez.

 

. Déterminer la problématique

 

La problématique n’est pas la question posée ; c’est la question posée qui amène la problématique, celle que vous construirez. Pour cela, l’étape précédente doit être bien menée. Une fois tous les sens et domaines parcourus, vous devez comprendre non pas seulement quel est le sens de la question, mais en quoi cette question fait-elle apparaître un problème et quelle est la nature de ce problème. C’est le but de cette étape. Un problème, c’est une question dont on ne voit pas de réponse immédiate, parce que cette réponse n’est ni simple, ni évidente. Et elle ne l’est pas car la dualité, le paradoxe coexistent en permanence ou parce qu’une réponse affirmative, catégorique, amènerait des conséquences fâcheuses et oublierait des aspects importants de la question. Si l’on répond spontanément : «oui, on peut tout dire», on voit d’emblée en quoi cette réponse précipitée, superficielle, se révèle dangereuse.

 

D’un autre côté, si tous n’est pas permis, doit-il y avoir censure ou interdit ? La problématique, votre problématique mettra au jour ce problème. Elle naîtra de la confrontation des différents sens et domaines vus plus haut. 

 

Quand on vous demande : «un bonheur sans illusion est-il concevable ?», on sous-entend qu’il y a beaucoup d’illusions dans le bonheur mais c’est à vous de déterminer si ce présupposé est recevable.

 

Les cours et les textes que vous avez étudiés, lus sont nécessaires pour deux choses : à la fois pour comprendre la nature du problème et pour donner des arguments, des références, permettant de le traiter. Mais faites bien attention à la particularité de la question du sujet, surtout si vous en avez traité une qui lui ressemble pendant l’année. Ne les confondez pas.

 

. Construire le plan détaillé

 

Le plan doit permettre un réponse ordonnée et argumentée aux problèmes posés. Il contient au moins deux parties : puisqu’il y a problème, il y a au minimum deux idées que se font face. Il n’en dépasse pas quatre car cela deviendrait trop complexe à mettre en place sans perdre le fil du raisonnement y compris pour votre lecteur. Même compte pour les paragraphes dans chaque partie. Idéalement, chaque paragraphe doit contenir un argument et un exemple. Il est souvent plus facile de commencer par ce qui semble être la thèse ou la réponse la plus évidente au problème posé, ou bien, ce qui revient au même par traiter l’aspect le plus simple parmi ceux envisagés dans la problématique. Nous partons donc de ce qui est le plus évident. Cela permet ensuite d’approfondir le raisonnement jusqu’à votre réponse finale. Chaque partie, sauf la dernière, doit s’achever par une transition montrant que le problème n’est pas résolu pour autant, et qu’une nouvelle perspective doit être développée.

 

Deux écueils majeurs :

 

. D’une part, celui qui consiste à isoler une notion de la question pour la définir sous tous ses aspects en consacrant une partie entière à cela.

 

Par exemple : «La justice suppose-t-elle l’égalité ?»

La première partie ne soit pas se demander : "Qu’est-ce que la justice ?" et la seconde : "Qu’est-ce que l’égalité ?" Vous faites alors un double exposé et non un raisonnement argumenté. Faites plutôt : selon l’idée ou définition, ou fonction première de la justice, en quoi l’égalité est-elle une valeur essentielle ou pas ? et de quelle égalité s’agit-il alors ?

 

D’autre part, il faut éviter que votre plan ne vous amène qu’à une confrontation entre deux réponses ou thèses possibles, sans aller plus loin, sans que l’une ne surpasse l’autre, ni n’amène à un dépassement final. Le raisonnement est alors inachevé, "en panne".

 

Et n’oubliez surtout pas qu’il s’agit d’un raisonnement. Donc, les connaissances philosophiques doivent être expliquées. Les exemples et les citations ne suffisent pas.

 

 

. Elaborer l’introduction

 

C’est l’étape du devoir où l’on voit si la question a été comprise, si la problématique en est le reflet, si elle est bien exposée. Il faut donc lui apporter un soin tout particulier. Rédigez d’abord un brouillon.

 

L’introduction comprend trois étapes :

 

d’abord un exemple de départ qui sert à amener le problème. Il doit faire référence à quelque chose que tout le monde connaît, ou du moins que votre lecteur peut connaître (ne parlez pas de votre voisin) : un fait général de la vie quotidienne, une idée reçue, un préjugé, un évènement de l’histoire, de l’actualité, un proverbe populaire, un exemple littéraire ou artistique, etc…

 

A partir de cet exemple, vous devez présenter la question et extraire la problématique.

 

Puis annoncer  le plan du devoir. Une introduction bien rédigée doit faire au moins dix lignes et ne commence jamais directement par le question du sujet.

 

N’oubliez de sauter des lignes (au moins deux) entre l’introduction et le développement. Faites également des retraits.

 

. Elaborer la conclusion

 

Rédigez-la également au préalable au brouillon car vous serez peut-être pris par le temps en fin d’épreuve. Ce qui n’empêche pas de la modifier ensuite.

La première phrase de la conclusion est la réponse que vous apportez à la question-problème. Sachant que cette réponse peut être nuancée puisque des problèmes ont été examinés.

  

Vous devez arriver à un point de vue personnel légitimé et argumenté par l’examen des problèmes précédents. N’hésitez pas, au besoin, à faire figurer ce qui n’a pas été résolu. De toute façon, la fin de votre conclusion doit mentionner, sous forme interrogative ou non, une nouvelle question-problème amenée par votre propre réponse.

 

Courage ! 

 

CHEMINER A TRAVERS LA COMPLEXITE EST JOUISSIF.


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